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Le mouvement des sans-papiers
De quoi avons-nous peur ?éditorial de Vivre Ensemble n° 84 (septembre 01)
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"Ils ne jouent pas franc jeu"
Les sans-papiers sont dans la grande partie des cas entrés en Suisse
avec des papiers (saisonniers, étudiants, requérants d'asile).
C'est la loi qui les a fabriqués sans-papiers. Ces personnes n'ont
donc pas joué un quitte ou double en se cachant comme clandestin
et en espérant une régularisation future.
"Les légaliser serait une démission de l'Etat"
Délivrer des papiers n'est pas une démission de l'Etat,
mais une prise en compte du fait que des lois produisent des situations
dramatiques et inacceptables. Nul ne peut tolérer l'apartheid de
fait qui en découle entre droits et sans-droits, exploitables à
merci.
"Cela créera un nouvel afflux"
Une régularisation n'implique pas forcément une nouvelle
vague d'arrivée de clandestins. Tout dépend en effet d'un
changement de législation pour ne plus fabriquer ces sans-papiers.
Ce sont tous les murs qui ont été érigés autour
de la Suisse qui conduisent à la clandestinité des populations
qui, auparavant, se déplaçaient légalement: travailleurs,
étudiants, voyageurs, etc.
"La loi est dure, mais c'est la loi"
Si les lois étaient immuables, nous serions toujours sous l'Ancien
Régime. Ce que les hommes font, les hommes sont capables de le
défaire. L'éclairage sur les sans-papiers de Bellevaux,
de Saint-Paul et de Neuchâtel doit nous faire prendre conscience
de l'iniquité des lois concernant l'immigration et l'asile.
"L'Etat ne peut déroger à la loi"
La Confédération sait très bien déclarer des
mesures comme l'"Action humanitaire 2000", qui vont au-delà
de la loi et sont arbitraires pour les personnes qui sont déjà
reparties ou qui sont arrivées juste trop tard pour en bénéficier.
"Il faut verrouiller les frontières"
La fermeture des frontières et la politique d'immigration zéro
sont un échec retentissant. Sans compter qu'il rend la vie impossible
à ces populations, cette politique enrichit les passeurs, augmente
les décès aux frontières; et lors des renvois permet
de nombreuses atteintes aux droits de l'homme.
"Le dumping continuera"
C'est parce qu'il n'a pas de papiers ou pas de permis de travail que le
migrant peut être exploité. Les gestionnaires du pouvoir,
les Etats, en appliquant cette politique de non droit, créent les
conditions de l'exploitation, se rendent complices des employeurs qu'ils
dénoncent par ailleurs. Si le but est vraiment d'en finir avec
le travail clandestin, la solution réside alors dans l'octroi du
droit au séjour et au travail, qui permettrait entre autres aux
sans-papiers de dénoncer les employeurs sans se retrouver menottés
dans l'avion le lendemain.
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