La Suisse et l'Europe
En décembre 2006, le Haut commissariat aux réfugiés
indiquait que le nombre des demandeurs dasile
dans les pays industrialisés était au
plus bas depuis 20 ans. Dans les 25 pays de lUnion
européenne (UE), mais également dans toute
lEurope, le nombre des requérants dasile
est au plus bas depuis 1988. «Ces chiffres
démontrent que le discours qui prévaut
dans les pays industrialisés sur laugmentation
des problèmes liés à lasile
ne reflète pas la réalité»,
déclarait le Haut commissaire. «Les
pays industrialisés devraient se demander si,
en imposant des restrictions encore plus sévères
sur les demandeurs dasile, ils ne ferment pas
la porte à des hommes, des femmes et des enfants
qui fuient les persécutions» a-t-il
ajouté. La majorité des réfugiés
du monde continuent dêtre accueillis par
des pays en voie de développement, comme le Pakistan,
lIran et la Tanzanie.
L'Union européenne a enregistré en 2006,
181'770 demandes d'asile, un chiffre en baisse constante
depuis plusieurs années. Sur ce nombre, 27'850
demandes ont été déposées
en Grande-Bretagne, 26'270 en France, 24'320 en Suède
et 21'030 en Allemagne (et pour rappel: 10'537
demandes ont été déposées
en Suisse en 2006).
En 2006, 10,6% des demandeurs d'asile venaient d'Irak,
7% de Russie (principalement de Tchétchénie,
7% de Serbie, 4,1% d'Afghanistan et 4% de Turquie.
Nous sommes obligés de durcir notre pratique
pour nous aligner sur les autres pays Européen,
ne cessait en son temps d'expliquer Jean-Daniel Gerber,
l'ex-directeur de l'Office fédéral des
réfugiés (ODR). On peut bien sûr
prendre exemple sur le plus mauvais de la classe. On
peut aussi chercher ce qui se fait de mieux. Par exemple:
-
Comme la France, qui a élargi, le 8 avril
1998, sur la base de sa Constitution, le champ du
droit d'asile aux persécutions non-étatiques.
-
Comme la Belgique dont la Commission de l'Intérieur
du Sénat a adopté à l'unanimité
le 23 juin 1998, une série de recommandations
visant à améliorer la loi sur les
étrangers, prévoyant notamment une
meilleure formation des fonctionnaires chargés
d'interroger les requérants d'asile, et le
passage du délai maximum de détention
de huit à cinq mois.
-
Comme l'Autriche, dont la Cour suprême a
interdit, le 24 juin 1998, les délais de
recours inférieurs à une semaine dans
le droit d'asile.
-
Comme l'Italie, qui a décidé le 10
février 1999 de régulariser 250'000
sans-papiers.
-
Comme l'Allemagne qui a rejeté le 31 octobre
1999, les appels visant à réduire
les prestations sociales accordées aux requérants
d'asile, arguant du haut niveau de vie allemand.
-
Comme l'Europe entière, à l'exception
de la Grèce et de l'Irlande, où les
réfugiés requérants ont droit
à une assistance juridique officielle.
-
Comme l'Union européenne qui a adopté,
le 20 juillet 2001, une directive sur la protection
temporaire en cas d'afflux massif de réfugiés
valable un an et renouvelable, qui ouvrira le droit
au travail, à la formation et au regroupement
familial.
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