Articles
Les principaux articles de notre bulletin de liaison, accessibles par
numéro.
Vivre Ensemble N° 73,
juin 1999
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Editorial 600'000 amis pour les réfugiés ?
Ceux qui défendent le droit d'asile sont restés minoritaires: nous nous y attendions. Mais tout de même : 602'668 NON au démantèlement du droit d'asile, ce n'est pas rien ! En comparaison du vote du 4 décembre 1994 sur les mesures de contrainte, qui ne donnait que 27,1% de non , nous sommes même en progression. Compte tenu du travail de sape développé par l'Union démocratique du centre (UDC) de Christoph Blocher, et de la désinformation de l'Office fédéral des réfugiés (ODR) et des porte-parole du oui (dramatisation de l'afflux, explications trompeuses, statistiques faussées, etc.), cette affirmation d'une minorité critique est loin d'être négligeable.
Lancer le double référendum était un pari sur notre capacité à mener campagne pour dénoncer une législation qui a failli entrer en vigueur dans l'indifférence générale. Il est aujourd'hui largement gagné. Jamais le mouvement de défense du droit d'asile n'avait jusqu'ici conduit une campagne aussi dense. Un travail d'individu à individu, des dizaines (des centaines ?) de manifestations et des centaines de milliers de tracts et de journaux de votation ont permis de sensibiliser une large partie de la population. De nombreuses graines ont été plantées, et ce travail portera ses fruits dans le futur. Fait encourageant, de nombreux nouveaux militants et sympathisants se sont manifestés dans ce combat pour le droit d'asile.
Malgré la difficulté de discuter d'une législation aussi complexe, de nombreux problèmes restés dans l'ombre au stade des débats parlementaires ont été mis en exergue. Les Eglises et les oeuvres d'entraide membres de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), d'abord hésitantes ont fini par prendre conscience de la gravité de ces atteintes au droit d'asile et à rejoindre le mouvement de défense sur la consigne du double non face à la politique officielle. Obligés de s'expliquer dans le débat public, les partisans de la loi eux-mêmes ont fini par donner des assurances pour une application modérée de ses clauses les plus critiques. Ils se verront désormais rappeler leurs promesses par une large coalition.
Pour toutes ces raisons, nous sortons renforcés de cette campagne, et c'est tant mieux : des échéances difficiles nous attendent et les réfugiés auront demain toujours plus besoin de notre solidarité. Au niveau national, des discussions sont en cours pour créer une seule grande structure entre la Coordination Asile Suisse, le Mouvement pour une suisse démocratique et solidaire (MODS) et l'ex-comité référendaire Asile.ch. Dans certaines régions où de nouveaux comités sont apparus, alors qu'il n'y en avait plus, ceux-ci poursuivront sans doute leur activité. Les 4'000 militants de la campagne référendaire seront informés, à l'automne, des diverses possibilités de prolonger leur engagement. Vivre Ensemble sera bien sûr de la partie pour maintenir en éveil les 600'000 amis des réfugiés qui se sont manifestés le 13 juin.
Vivre Ensemble
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Campagne de votations
Trois mois de mobilisation de St.-Gall à Genève.
Le printemps été beau et chaud
L’été sera le bienvenu pour faire une petite pause (même si le climat reste lourd pour les réfugiés de Kosove). C’est en effet une gerbe d’activités extraordinairement riche en événements et en innovations que les militants du droit d’asile ont déployée à l’occasion de la campagne de votation sur le double référendum. Une campagne classique, bien sûr, à coup d’autocollants, de débats et de journaux de votation, mais aussi une campagne plus originale sous de nombreux aspects, et qui ne restera pas sans prolongements. Quelques reflets.
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Droit d'asile
Nouvelle initiative et mesures d'exception
L'UDC lève la voix, Berne s'affole
Ruth Metzler a fait très fort pour ses débuts. Avant même le vote du 13 juin, la voilà qui annonce le recours à des mesures d’exception pour dissuader les réfugiés kosovars de venir en Suisse ou d’y rester. L’article 9 de la loi sur l’asile (art. 55 dans la nouvelle loi) permet en effet au Conseil fédéral de déroger à certaines dispositions de la loi en cas de «situations d’exception». A la clé: toute une série de mesures dont certaines venaient à peine d’être proposées par l’Union démocratique du centre (UDC) dans une nouvelle initiative. Provisoirement au moins Ruth Metzler a donc repris l’avantage sur Christoph Blocher. Y aura-t-il un jour une majorité pour arrêter cette course folle ?
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Commission suisse de recours
Coups de butoir contre la CRA
Garde-fou ou funambule ?
Après l’adoption de la nouvelle loi sur l’asile, reste à préciser l’interprétation de bon nombre de dispositions. Les projets d’ordonnances d’application ont déjà montré que les faucons étaient à l’oeuvre dans l’Office fédéral des réfugiés de Jean-Daniel Gerber. La Commission suisse de recours en matière d'asile (CRA), qui a déjà par le passé joué le rôle de garde-fou, pourra-t-elle contre-balancer cette tendance ? Les durs du Parlement n'ont en tout cas pas attendu pour la mettre sous pression. Pas moins de quatre-vingt-deux conseillers nationaux (dont huit Romands) ont signé en mars dernier une interpellation fleuve élaborée par le zurichois Hans Fehr, le bras droit de Christoph Blocher. Objectif: dénoncer les aspects trop libéraux de la jurisprudence et obtenir une mise au pas de la CRA.
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Refoulements
Refoulements au Tessin
Alerte rouge sur la frontière verte
A plusieurs reprises, et encore peu avant sa mort, le Père Beretta, défenseur des réfugiés à Ponte Chiassso, dénonçait la situation critique des requérants d’asile qui tentaient de passer la frontière italo-suisse à travers montagnes et bois (la fameuse «frontière verte»). L'attitude sujette à caution des douaniers et policiers lors des interceptions côté suisse, est corroborée par le témoignage d’un journaliste du quotidien milanais «Corriere de la Serra», Fabrizio Gatti. Une expérience qui rappelle Tête de Turc de Günther Wallraff.
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Nouvelle loi
Chère Ruth Metzler, méfiez-vous de vos amis !
Le 25 mai 1999, à l'invitation de l'Association suisse de la presse radicale-démocratique, la conseillère fédérale Ruth Metzler, cheffe du Département fédéral de justice et police, a tenu un important discours relatif aux votations du 13 juin 1999. Un discours rediffusé dans les jours qui ont suivi par le service de presse du comité référendaire Asile.ch, agrémenté de quelques commentaires... C'est cette version «enrichie» que nous publions ici pour l'édification de nos lecteurs.
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Kosove
Accueil des victimes de l'épuration ethnique
Des excuses dans 50 ans ?
«Réduire l’attractivité de la Suisse» pour les ressortissants de la Kosove, réfugiés dans les camps en Macédoine, en Albanie ou au Monténégro, voilà les termes utilisés par le Conseil fédéral pour qualifier les objectifs de sa politique et pour justifier de nouvelles mesures restrictives.
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Accueil
Encadrement psychique des requérants d'asile
Prise en charge indispensable
S’il est aujourd’hui admis que des personnes ayant subi un traumatisme grave doivent bénéficier d’une aide psychologique - qu’on se souvienne par exemple des familles ayant perdu un proche dans la catastrophe aérienne d’Halifax - les victimes de traumatisme venues demander asile dans notre pays sont elles peu nombreuses à avoir accès à ce type de soutien. Petit aperçu du problème à travers l’expérience de l’Unité de médecine des voyages et des migrations de la Policlinique de médecine de l’Hôpital cantonal de Genève.
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