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Les principaux articles de notre bulletin de liaison, accessibles par
numéro.
Vivre Ensemble N° 84,
septembre 2001
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Editorial De quoi avons-nous peur ?
Une nouvelle révision de la loi sur l’asile est en route, dont l’un des axes consiste à pousser encore plus les réfugiés déboutés à «disparaître» dans la clandestinité. Car notre société a besoin de ces esclaves modernes que sont les sans-papiers. Mais depuis quatre mois, le courage de ceux qui sont sortis de l’ombre, a mis à nu l’hypocrisie de cette politique.
Emmenés par un Pascal Couchepin toujours aussi méprisant, la droite et les milieux patronaux, qui profitent depuis tant d’années de cette main-d’oeuvre bon marché, s’opposent à toute régularisation. Pour défendre le statu quo l'argument est toujours le même: cela créerait un appel d’air, une situation incontrôlable. «Si nous régularisons 300’000 clandestins, il en viendra 300’000 autres» [position de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) rapportée par «Le Temps» du 10.8.01].
La bêtise, ici, atteint son comble. Même en s'arrêtant au seul argument économique (il y en a d'autres), il faut répéter qu'il ne tient pas la route. Car si nous régularisons les sans-papiers, cela ne créera aucun vide. Ils sont déjà ici, ils occupent leurs places de travail, et ils continueront à le faire, de sorte qu'il n’y aura personne à remplacer. Par leurs propos, les partisans du statu quo ne cherchent qu’à jouer sur la peur de l’invasion. Une tactique qui a si bien réussi aux démolisseurs du droit d’asile, toujours prompts à évoquer le risque d’un afflux incontrôlable pour justifier de nouvelles restrictions.
Dans le domaine de l’immigration pourtant, tout est sous contrôle depuis longtemps, et les besoins de l’économie régulent à la perfection le nombre des sans-papiers, bien plus que les contrôles aux frontières qui poussent les migrants dans les bras des filières mafieuses. S’il y a 300’000 sans-papiers (et pas 3 millions), c’est parce qu’il y a 300’000 postes de travail (et pas 3 millions) qui ne trouvent pas preneur sur un marché strictement contingenté qui interdit, pour des motifs racistes, l’engagement de travailleurs en dehors de l’Europe occidentale. Ceux qui, dans le tiers-monde, rêvent de mieux vivre, savent bien que l’immigration n’a de sens que s’il y a du travail. L’immigration clandestine reste donc canalisée par cet impératif, c’est à dire par nos besoins.
Agiter l’épouvantail de l’immigration incontrôlée est peut-être habile pour manipuler une opinion publique mal informée, mais cela ne change rien à la réalité. Les obsédés du verrouillage des frontières et de la forteresse Europe font fausse route. De la même façon que la suppression des visas n’a pas entraîné de mouvements massifs de population entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, l’ouverture des frontières et la libre circulation, que prône le mouvement des sans-papiers, ne verra pas arriver chez nous «toute la misère du monde». Simplement, ceux qui font ici le travail dont nous ne voulons plus retrouveront, avec le droit de vivre au grand jour, un peu de dignité. Et nous avec.
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Mouvement
Vaud, Fribourg, la Chaux-de-fonds
Les sans-papiers forcent le débat
Au moment où le débat entourant les sans-papiers s’amplifie, nous avons voulu donner la parole à l’un des animateurs du mouvement pour lui demander de replacer ce sujet dans un contexte plus large. Ce dernier, syndicaliste de longue date, nous explique ici qu’une solution globale passe par la libre circulation. Une liberté de mouvement dont un expert comme J.-Y. Carlier, professeur de droit à Louvain, explique depuis longtemps qu’elle est la seule façon de combattre les filières criminelles et de rétablir la légalité, sans pour autant conduire à la moindre «invasion». Seuls restent, en effet, ceux auxquels l’économie locale permet de gagner leur vie. (2 pages)
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Mouvement
Témoignage
Une vie au noir
Je suis venue en Suisse en 1991 avec un visa. Je suis partie de Serbie parce qu’une fois fini l’école, je n’arrivais pas à trouver du travail. En Suisse, j’ai finalement trouvé du travail dans un bistro, pour 3 fr. de l’heure, et en payant mon repas de midi. Je travaillais au noir mais le patron me disait qu’il payait mes charges sociales; en fait il me retenait les cotisations sur le salaire sans me les reverser. Je travaillais de 6 heures à 16 heures, après quoi j’avais une pause d’une heure et je reprenais à 17 heures pour terminer à minuit ou à 1 heure, une fois que le bistro était vide. J’ai travaillé presque deux ans chez le même patron, dans les mêmes conditions, jusqu’au jour où il m’a dit qu’il n’avait plus besoin de moi. (1 page)
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Mouvement
Sans-papiers
Réponses à des idées reçues
«Ils ne jouent pas franc jeu»; «Les légaliser serait une démission de l’Etat»; «Cela créera un nouvel afflux»; «La loi est dure, mais c’est la loi»; «L’Etat ne peut déroger à la loi»; «Il faut verrouiller les frontières»; «Le dumping continuera». (1 page)
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6ème révision de la loi sur l'asile
Modifier la loi pour exclure encore mieux les réfugiés
Le travail de démolition continue
Comme l’avait promis Jean-Daniel Gerber - directeur de l’Office fédéral des réfugiés (ODR) - dès son arrivée, alors que la 5ème révision du droit d’asile n’était même pas encore bouclée, une 6ème révision a été mise en route cet été qui nous promet encore plus d’exclusion et de marginalisation. Axes majeurs de ce nouveau projet: renvoyer toujours plus de requérants vers les pays tiers et jouer sur les mécanismes de financement pour obliger les cantons à limiter les autorisations de travailler et à exécuter sans faiblir les décisions de renvoi de l’ODR. (2 pages)
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Solidarité
Survivants de Srebrenica
Une marche contre l'oubli
Du 14 au 16 juillet dernier, une trentaine de personnes ont marché d'Yverdon à Berne, en solidarité avec les survivants de Srebrenica. La distance parcourue symbolise les 80 km franchis par les hommes lors de leur fuite de cette «zone de sécurité», que l’ONU avait promis de protéger et qui a été abandonnée aux forces serbes le 11 juillet 1995. (1 page)
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Assistance judiciaire
La CRA utilise l’exception pour confirmer la règle
Pas d’avocat d’office pour les réfugiés
A peine remarquée dans la torpeur de l’été, une décision de principe rendue le 10 juillet par la Commission de recours en matière d’asile (CRA) vient de briser les espoirs de voir rétablir un minimum d’équité dans la procédure d’asile par le biais du droit à l’assistance judiciaire d’un avocat d’office. Très habilement, la CRA s’est saisie d’un cas assez inhabituel, où elle a accepté l’assistance judiciaire en première instance, pour souligner à plusieurs reprises que ce droit constitutionnel ne devait être accordé qu’«extrêmement rarement» dans le domaine de l’asile. Les réfugiés, prétend la CRA, seraient en mesure de se défendre sans avocat d’office. (2 pages)
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Témoignage
Conditions d'accueil
Juste un peu de calme et de respect
Monsieur B., âgé de cinquante ans, de nationalité algérienne et ingénieur de formation, a été attribué au canton de Berne après le dépôt de sa demande d’asile en 2000. Depuis, il se bat pour obtenir des conditions de logement décentes. Voici le récit de ses tribulations depuis son arrivée en Suisse. Juste une précision: au moment où nous écrivons ces lignes, il est toujours sans logement fixe. (2 pages)
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