Articles
Les principaux articles de notre bulletin de liaison, accessibles par
numéro.
Vivre Ensemble N° 86,
février 2002
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Editorial Combat pour la dignité
Entre le 11 et le 25 janvier, une dizaine de Kurdes, originaires de Turquie, ont entamé une grève de la faim pour protester contre les brimades que le règlement du centre d’hébergement de Mettlen (Appenzell) leur fait subir quotidiennement. Une grève de la faim qui leur est apparue comme le seul mode d’expression à leur portée, comme c’est le cas dans leur pays d’origine, ou de tels mouvements sont parfois la dernière possibilité pour les Kurdes de protester contre l’oppression.
Les brimades que voulaient dénoncer ces réfugiés ont pour nom: contrôle des présences dans le centre deux fois par jour, traitements médicaux insuffisants, amendes en cas de non-respect du règlement, fermeture de la cuisine en dehors des heures de repas (et donc impossibilité de se préparer un simple thé chaud), attitude arbitraire du personnel à l’égard des visites, téléphones et télévisions accessibles seulement dans des périodes limitées.
La réponse des autorités cantonales a été purement répressive: renforcement de la présence policière, installation de projecteurs, présence de chiens policiers, séparation des grévistes pour tenter de les diviser. Les habitants de deux autres centres d’hébergement ayant débuté une grève de 24 heures en solidarité, les grévistes ont été envoyés de force à fin janvier dans des centres situés à l’extérieur du canton.
Cette grève de la faim constitue un mouvement de révolte de plus, après les occupations réalisées depuis une année par différents collectifs de «sans-papiers». Comme eux, ces hommes et ces femmes qui ne sont même plus des citoyens/ennes de seconde catégorie, mais des objets que l’on stocke temporairement avant de les renvoyer à l’expéditeur, ont voulu redresser la tête pour affirmer leur dignité d’êtres humains.
La situation dénoncée par les requérants d’asile de Mettlen ne constitue hélas que la pointe de l’iceberg. Les révisions permanentes de la loi sur l’asile ont fini par la vider de toute substance humanitaire. Dans toute la Suisse, des requérants d’asile vivent dans des conditions indignes, aussi bien au niveau financier (prestations sociales inexistantes), que matériel (logements d'une insalubrité scandaleuse), ou moral (mépris affiché et marginalisation).
De la même façon que la répression s’est abattue sur certains «sans-papiers» pour casser leur mouvement, la répression s’est abattue sur les grévistes de la faim de Mettlen. Il n’y a pourtant pas d’autre voie que de poursuivre dans la prise de parole et dans la dénonciation des conditions de vie déplorables faites aux réfugiés et aux «sans-papiers». En espérant que l’ensemble des révoltes qui secouent actuellement la population immigrée devienne une force capable de faire progresser les droits de toutes et de tous.
Vivre Ensemble
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Santé
Une médecine au rabais pour les réfugiés ?
L’accès aux soins est mis en péril
La restriction, par les cantons, de la liberté du choix de l’assureur et des fournisseurs de prestation - les médecins - pour les personnes à statut de séjour précaire a été introduite dans le prolongement de la révision totale de la loi sur l’asile par le biais de l’article 26 de l’ordonnance d’application sur le financement. Une base légale que la prochaine révision se propose de consolider, en inscrivant cette limitation dans la loi elle-même. L’expérience montre pourtant que loin de se limiter au choix du médecin, cette restriction risque de déboucher sur une médecine à deux vitesses parfaitement discriminatoire. (2 pages)
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Sans-papiers
Détresse personnelle et cas de rigueur
Des permis à la tête du client ?
Le 28 août dernier, la Commission de recours en matière d’asile (CRA) avait fermé la porte à une admission personnelle pour cas de détresse personnelle grave, lorsque la procédure d’asile était close. Pourtant, il est courant que l’intéressé soit toujours là des années après la clôture de la procédure, le renvoi étant irréalisable, même si la décision affirmait le contraire. Et avec la durée du séjour qui se prolonge, l’exécution du renvoi devient humainement aberrante. (1 page)
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Témoignages
Cours pour femmes de ménage
Un pas vers l’indépendance
Depuis déjà quelques années, dans différents cantons romands (Neuchâtel, Vaud, Genève), des cours pour «Femmes de ménage» sont donnés dans le cadre de diverses organisations. L’objectif est de venir à la rencontre de femmes, immigrées ou réfugiées, souvent très isolées, de leur offrir un lieu de rencontre et de soutien, tout en mettant l’accent sur le développement de connaissances et de savoir-faire en économie familiale. Récemment, nous avons rencontré trois femmes ayant suivi un tel cours dans le canton de Vaud. Leurs témoignages montrent à quel point ce moment de formation a été vital pour sortir d’un isolement, reprendre confiance et bénéficier d’appuis pour trouver un travail. (2 pages)
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Procédure
Tests «Lingua»
De mal en pis
C’est en s’inspirant d’une méthode développée en Suède que l’Office fédéral des réfugiés (ODR) a commencé il y a quelques années à soumettre les réfugiés dont l’origine paraît douteuse à des tests linguistiques doublés de questions touchant à la vie quotidienne, le tout étant censé déterminer «avec certitude» l’origine ou la non origine de l’intéressé. Une méthode qui fait des ravages, dès lors que l’«expert», qui reste toujours anonyme, se base sur son impression empirique et que son rapport et ses observations détaillées restent confidentiels. (1 page)
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France
Zones de rétention
Non droits et mauvais traitements
Le 11 décembre dernier, dix-sept associations de défense des droits des étrangers, ainsi que des avocats dénonçaient la situation catastrophique dans les zones d’attente pour étrangers. A l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle à Paris, les conditions d’accueil sont particulièrement précaires: absence de nourriture pendant plusieurs jours, pas d’accès aux toilettes, entassements dans des salles (en décembre, on comptait plus de 400 personnes pour 296 places), impossibilité d’obtenir les formulaires de demandes d’asile. Mais cette situation déjà déplorable, se double de mauvais traitements, de brutalités, de violences, d’intimidations. Dans un rapport «Préoccupations d’Amnesty International en Europe, janvier - juin 2001», dont nous publions un extrait ci-dessous, Amnesty épingle tout particulièrement les mauvais traitements infligés aux étrangers se trouvant dans la zone de rétention de cet aéroport. (2 pages)
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