Il y a ce qu’on dit
sur les réfugiés.
Et il y a la réalité

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A propos


La méconnaissance des faits constitue un terreau propice aux idées reçues.
En 9 questions-réponses illustrées, « Il y a ce qu’on dit sur les réfugiés. Et il y a la réalité » cherche à confronter ces préjugés aux faits et aux chiffres. L’objectif est d’inciter chacune et chacun à rester critique face aux informations, parfois erronées, véhiculées sur la problématique des réfugiés. Et à repousser les limites de l’intolérance et du rejet.

Ce quiz existe sous forme de brochure, publiée pour la première fois fin 2012 par l’association Vivre Ensemble. Il se prolonge avec un volet  « pour aller plus loin » sur le site de l’association.

En effet, les questions-réponses de la brochure sont volontairement courtes. Nous proposons, pour chaque question, d’en découvrir davantage: explications, documents, statistiques et autres liens sont proposés à celles et ceux qui veulent comprendre et confronter nos explications à d’autres sources. Cette version en ligne permet également d’avoir des informations actualisées. C’est pourquoi vous trouverez de petites différences par rapport à la version papier. Pour celles et ceux qui souhaitent commander et distribuer les brochures, des cartes de mise à jour statistique (2015) sont jointes aux brochures en allemand. (télécharger et commander la brochure)

Ce volet du projet « préjugés » a été réalisé grâce au soutien d’une fondation privée, ainsi que du CSP Genève et de la Coordination asile, que nous remercions.


Association romande de défense du droit d’asile, Vivre Ensemble publie également une revue d’information et d’analyse critique sur la problématique des réfugiés en Suisse et propose sur son site Internet asile.ch une riche documentation sur l’asile: www.asile.ch

Coordination et rédaction : Sophie Malka
Chargée de projet : Giada de Coulon
Comité de rédaction : Nicole Andreetta, Nora Bernardi, Raphaël Rey, Marie-Claire Kunz, Danielle Othenin-Girard, Christophe Tafelmacher, Emmanuelle Hazan, Anouk Piraud, Geneviève Lévine-Cuennet, Louise Wehrli, Anne-Laure Bertrand
Illustrations : Ambroise Héritier
Graphisme : www.l-artichaut.ch
Graphisme et réalisation web: wonderweb
Copyright : Vivre Ensemble

CONTACT
Vivre Ensemble
Case postale 171
1211 Genève 8
Tél. : 022 320 60 94
vivre.ensemble@asile.ch

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Glossaire


Demandeur d’asile (permis N)
Personne en procédure d’asile, en attente d’une décision.

Réfugié reconnu (permis B réfugié)
Personne ayant reçu, au terme de sa procédure d’asile, le statut de réfugié (permis B réfugié). Défini par la Convention de Genève de 1951 sur le droit des réfugiés, ce statut s’applique à toute personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays. » (art. 1)

Admission provisoire (permis F)
Protection offerte aux personnes qui n’obtiennent pas le statut de réfugié, mais dont le renvoi est « illicite », « inexigible » ou « impossible » car il mettrait leur vie en danger : guerre, violence aveugle, risque de peine de mort, de torture, vulnérabilité, etc. L’admission provisoire n’est néanmoins ni définie comme un statut de protection, ni liée à une autorisation de séjour comme c’est le cas dans l’Union européenne où on l’appelle « protection subsidiaire ».


Débouté
Personne qui, au terme de sa procédure d’asile, n’a pas obtenu l’asile et doit rentrer dans son pays d’origine.

NEM (Non-entrée en matière)
Décision des autorités d’écarter une demande d’asile sans examiner les motifs de fuite invoqués par la personne en demande de protection. Ces décisions touchent les personnes
ayant transité par un Etat signataire du Règlement Dublin (NEM Dublin), ayant séjourné dans un «Etat tiers», ou dont la demande est considérée comme infondée par les autorités.

Sans–papiers
Personne séjournant sans statut légal en Suisse.

 

Voir également le glossaire de l’asile sur le site de Vivre Ensemble et des informations sur les statuts et les permis en cliquant ici.


Soutien

Vivre Ensemble est une association romande sans but lucratif active dans la défense du droit d’asile et des réfugiés. Notre credo: informer, pour renforcer les droits des réfugiés. Activités d’information, de décryptage et de sensibilisation aux idées-reçues sur l’asile se déploient à travers diverses actions et publications, notamment auprès des jeunes et du grand public. Tel est le cas de la brochure Il y a ce qu’on dit sur les réfugiés. Et il y a la réalité ainsi que du site web sur lequel vous vous trouvez.
La brochure existe en français, allemand et italien. Elle peut être téléchargée sur notre site web asile.ch et est distribuée gratuitement à celles et ceux qui la commandent. Pour des commandes importantes, nous demandons une contribution d’environ 1frs l’exemplaire et la prise en charge des frais d’envoi . (lien vers le PDF et le formulaire de commande)
Notre association est uniquement financée grâce aux dons individuels de ses membres et de ses abonné-e-s à la revue Vivre Ensemble. Elle ne reçoit pas de subventions institutionnelles, hormis sur des projets spécifiques. Si vous estimez notre travail utile, engagez-vous à nos côtés et soutenez-nos projets!

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Invasion?

Quel est le pourcentage de la population résidant en Suisse qui relève du domaine de l’asile ?

  • 12,3%?
  • 5,2%?
  • 2,1%?
  • 1,7%?

Bravo, c’est bien 1,7 % en comptant les personnes ayant déposé une demande d’asile, les personnes reconnues réfugiées ou admises provisoirement et les personnes en procédure de renvoi. S’y ajoutent 07% réfugié·es d’Ukraine.

  • 21’903: C’est la moyenne des demandes d’asile reçues chaque année en Suisse depuis 25 ans, avec des hauts et des bas : 47’513 requêtes en 1999 et 10’795 en 2005. En 2023 30’223 demandes d’asile ont été déposées.
  • Les personnes relevant du domaine de l’asile représentent environ 6% des personnes étrangères résidant de manière permanente en Suisse.

Sources: Office fédéral de la statistique  (OFS) et Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM)

Pour en savoir plus
Libre choix?

Imaginez : la Suisse se déchire. Parler français est devenu un délit. Menacé·e, privé·e de travail, expulsé·e de votre logement, vous et votre famille risquez gros si vous critiquez votre gouvernement.

Que faites-vous ?

La majorité des hommes, femmes et enfants qui déposent une demande d’asile en Suisse viennent de pays gouvernés par des régimes autoritaires ou en proie à des violences politiques et à la guerre :Syrie, Afghanistan, Ukraine, Somalie, Erythrée… Les réfugié·es fuient des persécutions politiques, religieuses ou ethniques. Ces personnes doivent être protégées.

 

  • Dans l’Union européenne, lorsque le statut de réfugié leur est refusé faute de persécution personnelle, les personnes déplacées par la guerre et les violences obtiennent une protection subsidiaire, et souvent quasiment les mêmes droits que les réfugiés. En Suisse, elles reçoivent une décision de renvoi. Et si l’exécution du renvoi dans le pays d’origine s’avère illicite ou inexigible parce qu’elle mettrait la vie des personnes en danger, une admission provisoire – statut précaire avec des droits limités – est octroyée.
Pour en savoir plus
Tromperie?

Plus de 70 % des demandeurs d’asile dont le dossier est examiné par la Suisse reçoivent une protection en raison du danger qu’ils courent dans leur pays.

  • VRAI
  • FAUX

En 2022, la Suisse a reconnu un besoin de protection dans 79% des dossiers dont elle a examiné les motifs d’asile, en accordant l’asile (permis B réfugié) ou l’admission provisoire (permis F). Pourtant, les statistiques officielles ne parlent que de 25,7% de réfugié·es reconnu·es. Pourquoi?

Parce que leur calcul gonfle le taux de décisions négatives. Explications:

[1] 31% des demandes ont été écartées sans examen des motifs d’asile, par décision de non-entrée en matière (NEM). Or, celles-ci ne disent rien du besoin de protection. Elles sont pourtant comptées comme décisions négatives.

  • Les décisions de non-entrée en matière (NEM) sont majoritairement prononcées au motif que la personne a transité ou séjourné dans un État tiers avant d’entrer en Suisse. Cela signifie que le besoin de protection doit être ou a été examiné par cet État, non que la demande est infondée. Les décisions NEM devraient donc être exclues du calcul du besoin de protection au lieu d’être comptabilisées comme des décisions négatives.

 

[2] Les admissions provisoires (permis F) sont comptées comme des décisions négatives. Or, elles concernent généralement des personnes fuyant des guerres ou des conflits et reconnaissent un besoin de protection. Elles devraient donc être comptabilisées comme positives.

 

N.B. A côté du «taux de reconnaissance», les autorités suisses affichent dans ses statistiques un «taux de protection» qui additionne les admissions provisoires et les octrois de l’asile. Mais elles continuent d’inclure les décisions de NEM comme décisions négatives. Leur «taux de protection» reste donc inférieur à celui auquel nous parvenons.

Calculs réalisés par Vivre Ensemble. Source des données: Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM)

Pour en savoir plus
Afflux?

Imaginez : un mouvement terroriste sème la terreur dans la ville. Attentats, pillages, votre maison est incendiée et les autorités sont dépassées.

Où cherchez-vous à vous enfuir ?

Dans le canton voisin ? Comme vous, 58% des personnes déplacées dans le monde sont « réfugiées » dans leur propre pays . Et la majorité de celles qui ont fui leur pays se trouvent dans un pays voisin (69%) ou dans lequel elles ont de la famille. Les pays à bas ou moyen revenu accueillent 75% des réfugié·es.

  • En 2023, le HCR compte 117,3 millions de personnes déplacées dans le monde. L’Iran, La Turquie, la Colombie puis l’Allemagne et le Pakistan figurent au premier rang des pays d’accueil des réfugié·es. S’ajoutent 68,3 millions de personnes réfugiées au sein de leur propre pays (déplacé·es internes).
Source :Global Trends 2023 Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)
Pour en savoir plus
Mensonge?

Vous avez 5 minutes pour quitter votre appartement. Quels sont les trois objets que vous prendriez avec vous ?

  • Documents d’identité
  • Nourriture
  • Vêtements
  • Argent
  • Carte géographique
  • Médicaments
  • Téléphone portable
  • Photo de famille

La plupart des réfugiés quittent leur pays dans l’urgence, abandonnant tout dans leur fuite. Or, dans la procédure d’asile, les preuves concernant l’identité, l’âge, l’engagement politique, religieux, les liens de parenté et le parcours suivi durant la fuite ont souvent une incidence déterminante sur l’issue de la demande.

  • En l’absence de preuves matérielles, les personnes doivent en théorie rendre vraisemblable la persécution dont elles ont été victimes lors de leur audition. Or, dans la pratique, le SEM considère souvent leurs récits comme «invraisemblables» en raison de prétendues contradictions ou d’incohérences, et rejette leur demande d’asile.
Pour en savoir plus
Profit?

Pourriez-vous vivre avec 10 frs par jour ?

  • oui 
  • non

10 francs par jour et parfois moins. C’est le lot des personnes déboutées de leur demande d’asile ou frappées d’une décision de non-entrée en matière. Selon les cantons, elles ne reçoivent que des plateaux-repas et dorment dans des abris de protection civile. Les plus «chanceuses» reçoivent 10 frs par jour pour se nourrir et subvenir à tous leurs besoins. Elles n’ont pas le droit de travailler. C’est ce qu’on appelle l’«aide d’urgence».

  • En Suisse, le minimum vital est fixé à 997 frs par mois.* Les personnes demandeuses d’asile reçoivent en moyenne la moitié de ce montant.
    * Aide sociale versée aux citoyens et résidents suisses dans le besoin selon les normes de la Conférence suisse des institutions d’actions sociales (2021)
Pour en savoir plus
Oisiveté?

Travail sur appel, contrats précaires, salaires très bas… ou pas de travail.

Qui profite de qui ?

Les demandeur·ses d’asile n’ont accès au marché du travail qu’après leur attribution à un canton. Cet accès est cependant limité à certains secteurs d’activité, donc rarement dans leur domaine de compétence. Priorité est donnée aux personnes suisses et résidentes. En cas d’asile ou d’admission provisoire, les années d’activité de compétences ainsi perdues freinent leur accès à l’emploi, leur indépendance financière, leur intégration. En cas de rejet de la demande d’asile ou de décision de NEM, l’autorisation de travail est retirée.

  • 3,8% des demandeur·ses d’asile (permis N), 45% des personnes admises provisoirement (permis F) et 42% des réfugiées travaillaient en moyenne en Suisse à fin 2023. Ils/elles ont des contrats précaires et sont surreprésenté·es dans les emplois sous-qualifiés et mal payés, des branches où les Suisses·esses sont peu nombreux.
    Sources : statistiques du SEM et de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques)
Pour en savoir plus
Criminalité?

Mesurez-vous plus de 1 m 75 ?

  • oui
  • non

Si vous mesurez plus de 1m 75, vous faites partie de la catégorie de la population la plus représentée dans les statistiques de la criminalité : 85% des condamnations pénales sont prononcées contre des hommes, et la majorité des personnes mesurant plus de 175 cm sont des hommes. Evidemment, le facteur explicatif de la criminalité n’est pas la taille ! Les principales variables influençant le taux de criminalité sont, dans l’ordre : le sexe, l’âge, le niveau socio-économique et la formation. La nationalité n’est pas en soi significative.

  • Un jeune Suisse de sexe masculin, pauvre et sans formation a autant de risque de commettre un crime qu’un étranger remplissant les mêmes critères. Les étrangers étant surreprésentés dans ces quatre catégories, ils le sont donc aussi dans les statistiques. Autrement dit, la nationalité n’est pas plus que la taille un critère pertinent pour expliquer le phénomène criminel…
    Sources : André Kuhn, « Comment s’explique la surreprésentation des étrangers dans la criminalité ? », Vivre Ensemble Hors-série #1 / mars 2013
Pour en savoir plus
Détention?

Dans quels pays peut-on être détenu sans avoir commis aucun délit pénal ?

  • Corée du Nord
  • Erythrée
  • Afghanistan
  • Suisse
  • Cuba

Tous. En Suisse, la loi permet d’emprisonner pour une durée maximale de 18 mois une personne étrangère en situation irrégulière en vue de son renvoi de Suisse, sans qu’il ou elle ait commis de délit pénal. Les enfants âgés de 15 à 18 ans peuvent être détenus durant un an.

  • La détention administrative a pour but d’assurer l’exécution d’une décision de renvoi. Pourtant, au-delà de trois mois, le taux de renvoi chute. La mesure est donc inefficace sur le long terme. Et le coût exorbitant : 200 frs par jour et par personne, soit 20 millions de francs par an. Malgré cela, les places de détention administrative ont d’ailleurs été quasi doublées en vue de la restructuration du domaine de l’asile.
    Sources : Rapport de la Commission de gestion du Conseil national (2005). Planification générale de la restructuration en matière d’asileSEM, 18 février 2014 ; Rapport du Contrôle parlementaire de l’administration à l’intention de la Commission de gestion du Conseil national, novembre 2017.
Pour en savoir plus
Asile: devenez incollable !?

Vous êtes arrivé au bout de ce quiz, bravo !

Si vous avez été étonné par au moins une des réponses, c’est que l’exercice est utile.

Alors testez le quiz auprès de vos ami-e-s, vous participerez à remettre en question par des faits certains préjugés sur l’asile.


 

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Enfin, si vous voulez devenir incollable en matière d’asile, rendez-vous sur www.asile.ch ou abonnez-vous à notre revue d’information Vivre Ensemble (20 frs/an pour 5 numéros)

 

 

Devant la persécution toutes personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.

Déclaration universelle des droits de l’homme (1948)